Inauguration du Mémorial des Déportations Imprimer Envoyer
Jeudi, 19 Décembre 2019

Jean-Claude GAUDIN inaugure le Mémorial des Déportations à quelques pas du Fort Saint-Jean en présence des associations et de personnes rescapées de la Shoah.

« Nous devons ensemble nous souvenir de la Seconde Guerre Mondiale, de l’Europe dévastée, des millions de Juifs exterminés et des millions de personnes déportées », affirme t-il avec solennité.

C'est sous son ancienne appellation « Le mémorial des camps de la Mort » que ce lieu symbolique a été inauguré le 27 avril 1995, année du 50e anniversaire de la libération des camps, par Robert Paul VIGOUROUX, Maire de Marseille.

Situé dans un ancien blockhaus, face aux quartiers de Marseille détruits pendant l'Occupation, c'est un lieu de recueillement et de transmission, dédié aux victimes et aux combattants du nazisme et du régime de Vichy.

Fermé en 2012, suite au travaux du Mucem, depuis le 19 décembre 2019, le Mémorial vit désormais une seconde naissance. Rénové par la Ville pour un montant de
467.000 euros, le Mémorial des Déportations est désormais rattaché au Musée d'Histoire de Marseille, partie intégrante de la Voie Historique avec le site archéologique du Port antique, le Musée des Docks Romains et le Mémorial de la Marseillaise.

« Il a pour vocation de s’intéresser aux politiques des déportations vers le territoire du Troisième Reich, politiques mises en œuvre à Marseille, et ici, en particulier, dans les quartiers Saint-Jean et de la Tourette, entre 1942 et 1944 », explique Jean-Claude GAUDIN. Et de se féliciter que le Mémorial s'appuie sur les travaux et les réflexions du Comité Scientifique pour proposer un parcours renouvelé au sein d'une exposition de préfiguration dont les contenus s'enrichiront au fil des recherches et des avancées.

Il souligne qu'avec la conservation des cendres et de la terre des camps de concentration et des centres de mise à mort, le « mur des noms » sera prochainement installé, composé de ceux des personnes déportées. « Leurs noms, gravés dans la pierre, perpétueront à jamais leur souvenir » précise le Maire de Marseille avant dévoquer l’œuvre du sculpteur Jean-Marc BOURRY qui symbolise la menace de la barbarie nazie.

Lieu de connaissances et de transmission, le Mémorial des Déportations s'adresse en particulier aux jeunes générations en rendant accessible l’histoire de cette période.

« Au moment où les derniers témoins disparaissent, ce nouveau Mémorial, qui opère le croisement de la grande Histoire et des histoires individuelles, donne une large place aux récits, à l’expérience vécue, à la parole des victimes au travers de films, de témoignages écrits, de parcours des déportations », insiste Jean-Claude GAUDIN. « Contre ceux qui veulent falsifier lhistoire, ce Mémorial livre les ressources pour dire et connaître les faits ». Et de rappeler « la singularité de l’histoire de Marseille durant la Seconde Guerre mondiale et en particulier les rafles de janvier 1943 dans le cadre de la collaboration d’État qui ont marqué durablement la ville et sa population. L'une des plus grandes rafles des communautés juives, l’évacuation de 20 000 personnes et la destruction des « vieux quartiers » de la rive nord du Vieux Port, l’internement à Fréjus de 15 000 Marseillais, et la déportation de près de 2 500 hommes, femmes et enfant ».

Après avoir évoqué le projet scientifique et culturel du Mémorial afin d'enrichir son parcours à l'horizon 2020-2022 et d’assurer une programmation hors les murs, Jean-Claude GAUDIN conclut en invitant l'assistance « à remettre symboliquement ce Mémorial à la Jeunesse ».

 
 

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